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Voici un livre qui, à travers le destin de la princesse Tasmine (maman circassienne et père théoricien, penseur arabe banni par les autorités du Mandat français au Liban et en Syrie) nous raconte l’histoire de ce Moyen-Orient (voulu par les Occidentaux). Du moins avant la tragédie que cette partie du monde va connaître.

Tout commence en 1930 pour Tasmine, à l’âge de dix ans, quand elle se retrouve avec les siens en partance pour la Suisse, exil contraint et forcé, à bord du prestigieux Champollion, (jolie description du paquebot) construit aux chantiers navals de La Ciotat, inauguré par l’arrière-petit-neveu de Jean-François Champollion… On fête les dix ans du paquebot et ses dix ans à elle.

Déjà rebelle, elle s’érige contre les us et coutumes des traditions et du pouvoir religieux. Elle veut voir les salles des machines du paquebot. Elle n’a droit qu’à la visite des cuisines et de l’extraordinaire lave-vaisselle… Elle adore son frère, ses sœurs l’énervent. Elle rêve du séduisant Gulmar, mais il embrasse son frère. Heureusement, il y a Tristan, le petit moussaillon breton qu’elle aura le plaisir de croiser de nouveau plus tard. L’année de ses dix ans, elle s’est perdue sur le paquebot. Tristan sera le sauveteur : Il pensait à sa sœur Guillemette (…) Elle s’était enfuie un jour de la maison familiale et n’avait été retrouvée qu’un jour plus tard en pleine mer cachée dans la soute d’un bateau de pêche (…) Et si Tasmine était partie visiter la salle des machines ? Penchée lumineuse qui traversa son esprit (…) sur la passerelle étroite, il vit, au bout, la petite chose recroquevillée, qu’il prit de loin pour un paquet de linge coloré (…) Il la souleva et la porta délicatement dans ses bras. Elle lui parut tellement légère, tellement abandonnée, dormant profondément.  Son père l’admire mais n’arrive pas à faire d’elle une musulmane, très comme il faut dans la bonne la société qui est la leur.

On suit Tasmine de Genève à Paris, toujours aussi rebelle, toujours chantre de la liberté et plus tard maîtresse de sa vie, même quand elle sera fiancée. Ce qui s’est passé je l’ai voulu, confiera-t-elle plus tard en retrouvant Tristan.

À travers ce destin d’une femme libre, presqu’arrogante, Gabriel Boustany, dramaturge, producteur qui se partage entre le Liban et la France, revient sur l’histoire de ce Proche-Orient tourmenté. Le merveilleux Champollion qui va connaître une fin tragique non loin de Beyrouth préfigure ce qui va advenir dans cette partie du monde.

L’auteur a très bien resitué les événements pour nous entraîner dans cette formidable aventure qui n’a peut-être de roman que le nom.

Un vrai plaisir de lecture !

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