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Armel Job nous offre des romans qu’on ne peut lâcher. Il a l’art et la manière de commencer avec un petit rien et de tricoter un univers dont on ne peut s’extraire.

Ici, l’histoire débute un 13 septembre 1958 en Wallonie… Comme au cinéma, voici un premier plan, la caméra ouvre une porte, celle de la boulangerie Borj où pénètre une femme sanglée dans son imperméable. Léopoldine Vandelamalle veut voir le couple…

Monsieur, Ruben Borj fabrique le pain. Madame, Gilda Borj le vend. La dame qui les visite est responsable d’une association s’occupant des orphelins de guerre.

Léopoldine cherche une famille bien comme il faut pour accueillir une jeune orpheline, Josée, une apprentie sérieuse, pleine de bonne volonté. Elle ne sait pas lire, mais elle compte… Elle est gentille. On ne peut que l’aimer. Elle n’est pas compliquée et chante merveilleusement bien au point que la reine Mère de Belgique l’ayant entendue avec la chorale des Libellules veut la rencontrer. C’est peut-être ce qui va gripper les rouages dans cette mécanique trop bien huilée.

Madame Borj se retrouve en elle. Monsieur Borj revoit son épouse jeune fille, quand elle était l’apprentie de son père. Il y a Rémi, le fils, adorable adolescent et sa soeur, Astrid assez étrange et surtout jalouse… Léopoldine Vandelamalle veille, elle sait tant de choses… D’abord l’épilepsie de Josée, sans doute une des séquelles des bombardements où les parents ont péri… Le mal qui survient sans prévenir… La famille Borj toute chamboulée…

C’est bien cela la drôle de fille, l’histoire d’une innocente jetée dans une famille dont chaque membre a quelque chose à cacher.

Que penser d’Astrid qui fait semblant d’être amie pour mieux jeter Josée qui ne comprend pas ? « L’ennui, c’est que la fin de l’amitié, n’est pas le retour à l’indifférence mais le début de la haine. » De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas.

Madame Borj a ses zones d’ombre qu’elle a tues si longtemps. La présence de Josée réveille ce qu’elle a enfoui. Le mauvais peut surgir… Une libération sans conséquence, puisque le mal se déverse sur une personne simplette. On peut ravir un honneur que méritait Josée et dont Astrid profitera. Les masques tomberont, forcément : « Ah Gilda, le pire mal c’est celui qu’on fait à ceux qui ne peuvent se défendre parce qu’ils ne voient même pas que c’est le mal. »

On ne lâche pas cet ouvrage. Armel Job est bien le romancier de l’âme humaine, tel François Mauriac, il ne cesse d’ausculter, de disséquer, de plonger au tréfonds des petitesses de chacun.

Qu’avons-nous fait de nos frères humains ? Comment avons-nous protégé celles et ceux qui en avaient besoin ?

Superbe roman !

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