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Villa Imago, le titre de ce roman d’Éric Marchal interpelle. Il illustre une couverture montrant une demeure mystérieuse. On y accède par un monumental escalier. La demeure édifiée au-delà d’un écran de végétation est visible aux lecteurs grâce à une trouée de lumière ressemblant à un trou de serrure. Ce n’est sans doute pas innocent.

Pour qui l’ignore, Imago signifie en biologie : forme adulte et complète de l’insecte à métamorphoses. On parle de l’Imago du hanneton ou de la cigale, mais oui… Et en psychanalyse, c’est l’image inconsciente des personnes de l’entourage du sujet qui se fixe dans la petite enfance. Chaque être porte en lui l’Imago paternelle, maternelle… Mais selon l’affection portée aux uns et aux autres de l’entourage, l’être humain peut être le réceptacle d’autres Imago…

L’histoire, car l’auteur nous plonge dans celle de Raphaël, est une enquête… Qu’est-il arrivé à Raphaël ? Les premières lignes évoquent un choc d’une puissance inouïe, comme une seconde naissance… Raphaël se réveille dans le lit d’une chambre dans une maison inconnue. Il était dans un train, il téléphonait à Belinda, la fiancée, la femme aimée Je caressais du bout des doigts le visage de Belinda (…) Ma main glissait sur sa peau de soie avec la douceur d’un oiseau-lyre (…) Je me perdis dans la forêt de ses cheveux…Un tunnel et plus de communication… Un grand vide.

Raphaël n’est pas seul dans cette villa. On fait connaissance avec des personnages, non pas étranges, mais qui ressemblent à ceux que tout être humain peut croiser au quotidien. Il faut bien du talent pour peindre ce vieux militaire avec un langage truffées d’expressions employées par Jean Gabin dans des films cultes. Les images se succèdent sur l’écran des souvenirs.

Voici Kevin, l’adolescent effronté parfois, mais si attachant toujours en quête de sa dope, et cette femme séparée de ses jumeaux… Pourquoi ? Non, le mari n’est pas en cause, il a pris la tangente. On rencontre aussi une artiste qui parle aux arbres qui lui répondent. Raphaël aimerait faire de même, mais mission impossible. N’oublions pas l’écrivain de service, centré sur lui-même. On lui a volé le Goncourt parce qu’il était trop talentueux, trop tout… Comment s’échapper de ce lieu ?

Comment retrouver Belinda ? Elle est l’avenir de Raphaël qui veut fuir. Léa, l’enfant solaire tout en grâce, qui a lu certains papiers posés sur le lit de Raphaël et a découvert le mot neurologique à la faveur d’une partie de Scrabble, peut-elle l’aider ? Ou bien Matthias qui dirige Villa Imago dans un étrange silence, comme un psychanalyste façon Lacan qui se tairait et laisserait le patient trouver la bonne clé à mettre dans la bonne serrure ? Faut-il rendre à la nuit ce que l’on doit au jour ?

Je ne vous en dirai pas davantage. Je laisse le soin aux lectrices et lecteurs de découvrir l’issue de cette enquête qui plonge dans les abîmes inconscientes. Si Éric Marchal est un spécialiste des romans historiques, il est aussi celui qui sait avec humour et un immense talent peindre l’âme humaine, nous montrer ce que nous sommes, mais sans jamais faire la morale.

Bravo Éric !

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